Un blog de Provençaux sur la Provence et ailleurs, toujours dans l'humour !
Malgré notre repas désastreux d'hier soir, la nuit dans ce Motel/Hôtel/Camping ne s'est pas trop mal passée. Il a juste fallu s'habituer à de drôles d'oiseaux nocturnes qui sifflent de façon très aiguë... C'est la première fois qu'on les entend et on ne saura jamais à quoi ils ressemblent car dès le petit matin, ils ont cessé leurs cris stridents. Mon mal de crâne semble avoir disparu... la journée s'annonce meilleure même si le temps se fait grisounnet sur les Terres...
Petit déjeuner encore express... d'un café qui ne réveille de rien du tout... Pliage rapide de nos petites affaires, petite balade sur la plage et on dit Adieu à Forest Beach que nous n'aurons pratiquement pas vue puisque mon état lamentable d'hier ne nous l'a pas permis... Qué misère d'être patraque en voyage ! ![]()
Il est 9h30 quand nous démarrons Pépette, le paquet de bonbons déjà ouvert pour palier à l'ennui de cette Highway qui nous sort des yeux. Zou ! C'est parti pour 250 kilomètres jusqu'au Tablelands où nous faisons une halte avant Cairns.
Petite parenthèse, si vous venez dans ces coins d'Australie, vous ne trouverez qu'une seule marque de bonbons qui ressemble à nos Haribo... je dis bien, ressembler ! Ils ont tous le même goût, ne sont presque pas sucrés et la gomme devient vite écœurante... D'ailleurs, je ne sais pas où ils mettent tout le sucre de leurs cannes mais ce n'est certainement pas dans leurs bonbons ! Ceci dit, quand on doit faire de la Highway par ici, on s'en contente, c'est moi qui vous le dis !
D'ailleurs, nous la rejoignons très vite...
Je vous épargne les kilomètres de cannes à sucre, le petit train, les sucreries, les wallabies écrasés, les travaux et les petits bonhommes qui font fonctionner les feux... C'est pas la peine, vous connaissez déjà l'ennui de cette route, je vous l'ai raconté. Par contre, ce qui change aujourd'hui, c'est le temps... Jusqu'à présent, par ici, la pluie nous a épargné... mais nous ne sommes pas très optimistes aujourd'hui...
Et ça ne loupe pas ! Passés les cent premiers kilomètres, elle nous tombe dessus en vilain petit crachin qui rend tout pas beau...
On se dit qu'on va encore se mouiller sous les cascades des Tablelands ! Décidément, nous et les cascades, c'est toujours un truc comme "Je t'aime moi non plus" (Voir Indonésie 2018).
Mais quand on quitte enfin la Highway et qu'on entre dans les terres, la pluie cesse et nous grimpons sur le Plateau d'Atherton. Là, nous découvrons un paysage totalement incroyable après nos kilomètres de cannes à sucre ! J'ai l'impression de me retrouver en Malaisie dans les Camerons ! Des Plantations de thé à perte de vue s'étalent devant nous. C'est magnifique !
Plus nous avançons sur ce plateau, plus la végétation devient plus dense. La Rainforest est déjà là, celle que j'adore ! Celle où tous les verts de la création s'imbriquent les uns dans les autres en une harmonie parfaite. Là où il n'y a pas un millimètres carrés de terre qui ne soit occupé par une plante, une pousse, un arbre, une liane, un lichen... Là où la terre dégage une odeur comme nulle part ailleurs, une odeur qui vient des profondeurs... Là où la terre et l'eau s'épousent bénies sous les rayons du soleil (quand il est là)...
Nous arrivons très vite à notre première cascade prévue sur notre itinéraire (Route des cascades). Il s'agit de Milla Milla Falls. Le parking est très proche de la route, on gare Pépette et on entend déjà ce bruit magique de l'eau qui tombe en cascade. On sent l'humidité qui couve sous les arbres gigantesques, il fait 20°C, le soleil joue à cache à cache avec les nuages mais il ne pleut pas et nous avons beaucoup de chance. Marc qui subit toujours l'appel de la cascade, comme il subit l'appel du croco, part en tête, lui devant moi derrière.
Le chemin est goudronné mais les escaliers sont un peu glissants. Ce coup-ci j'ai mis les baskets d'abord parce qu'il fait frais et qu'en général, j'ai un peu l'habitude de bien me rétamer genre glissade sans fin dans la boue qui mène aux cascades dans la jungle (Voir Sumatra 2014) ! ![]()
Mais ici, risque pas que ça m'arrive, tout est fait pour qu'on ne s'écarte pas des sentiers balisés et bien aménagés. Pas besoin de vous dire pourquoi ! On a encore croisé un gros et long serpent écrasé sur la route...
Milla Milla n'est pas bien haute, à peine 18 mètres mais elle est très jolie. Je ne connais pas l'origine de son nom mais il doit être aborigène. Ce qui me fait penser que depuis les Territoires du Nord nous n'en avons plus croisés du tout...
Nous ne restons pas longtemps devant ce bel endroit car un minibus de touristes arrive déjà... Marc fronce les sourcils, il devient de plus en plus sauvage depuis que nous voyageons dans ce pays ! Si, si ! Les grands espaces déserts lui montent à la tête, il va me faire une dépression quand on va rentrer, c'est sûr ! ![]()
Nous reprenons donc ce circuit des cascades sur une route merveilleuse. J'ai encore et toujours l'impression d'être dans les collines des Camerons en Malaisie mais sans les plantations de thé qui ont à présent disparues.
Quand je vois le panneau "Tea House", j'indique à mon Homme qu'il faut s'arrêter ! Ici, on rencontre si peu d'endroits où boire et manger que quand il s'en présente un, 'faut pas le laisser passer. Il rechigne un peu car il n'a pas faim mais moi, si ! Je ne veux pas refaire la même erreur qu'hier. Moi, je ne mange jamais le midi mais il faut que je me pose, que je prenne un café et que j'y trempe ma galette. C'est un must chez moi qui me redonne le peps que je perds de plus en plus vite en vieillissant. Et on ne le regrette pas !
Perché sur une colline toute verte, l'établissement est So British ! J'adore ! Là, je n'ai plus l'impression du tout d''être dans les Camerons mais bien dans les Highlands, devant un pub où se réchauffer un peu.
Quand on entre, ça sent trop bon le pain chaud, les muffins, les scones, la crème anglaise... et le café y est presque bon ! On s'installe dehors, comme là-bas, bravant la pluie et le gris et je sors le cake anglais acheté la veille ! Moi, ça, c'est mon Paradis ! Je suis pas chiante comme fille. Il me faut juste un bon café chaud et quelque chose à tremper dedans. Je ne coûte pas cher, pas vrai !? Et même mon homme qui ne voulait pas s'arrêter se met à picorer des morceaux de mon cake ! Ah ces hommes ! Il me dit que non mais je sais qu'en arrêtant de fumer il a peur de grossir ! Du coup, il fuit l'heure du midi comme la peste. Oui mais moi, j'ai pas du tout décidé d'arrêter et que mon léger repas terminé, j'allume ma deuxième de la journée. La franche vérité... elle est trop bonne ! ![]()
Mais l'appel des cascades fait trépigner mon Homme d'impatience. Alors on repart, laissant le pain chaud et les scones pour une autre fois car j'ai bien l'intention de revenir ici si l'occasion se présente.
Plus on avance, plus on se croirait dans cette Angleterre que je n'ai pas vue depuis trop longtemps... Le paysage, les chevaux, les vaches, tout me rappelle le Yorkshire...
S'il n'y avait la Rainforest et le vol des cacatoès à certains endroits... on s'y croirait vraiment...
Très vite, les cascades se suivent toutes, nous arrivons à Ellinjaa Falls. Tout pareil à la première, le parking est tout à côté et le chemin pour y accéder est encore goudronné.
Ellinjaa doit être plus haute car elle fait un boucan du diable ! Vous connaissez la chanson, Marc devant, moi, derrière, à parler et à embrasser des arbres plus beaux les uns que les autres. La jungle, j'adore vraiment, surtout quand elle est pavée comme ici !
Elle est effectivement beaucoup plus importante. Nous arrivons par le haut et plus nous approchons, plus elle en impose. Elle a creusé la roche de la force de ses crues, elle est majestueuse.
On pourrait s'arrêter à ce point de vue mais Marc a son petit air coquin. Il a trouvé un chemin bien boueux, bien glissant qui descend plus bas ! Comment lutter contre l'appel des cascades !? Impossible ! Alors nous voilà dans la boue... Je me vois déjà dévalant sur le popotin les derniers cent mètres jusqu'au second point de vue, pire encore, tombant dans la rivière !
Mais avec la prudence dont je sais souvent faire preuve, en mettant bien un pas devant l'autre et en ne m’emmêlant pas les pieds dans les lianes, j'arrive à suivre mon intrépide ! Il est content, il a pris une super photo, on a de la boue partout mais c'est trop bien !
On remonte doucement mais surement, sans se rétamer, ce qui est un exploit et on regagne notre premier balcon. Mais l'appel des cascades n'a pas terminé d'agir sur l'Intrépide ! Le voilà qui veut s'approcher un maximum de l'eau... Là, je ne le suis plus. Il faut que quelqu'un reste un peu sérieux dans l'histoire au cas où il faudrait appeler les secours !
Mon Homme, vous lui promettez une cascade ou un croco, il est heureux comme un poisson dans l'eau ! Il va m'être difficile de lui trouver tout ça en rentrant en France...
Et c'est parti pour notre troisième et dernière cascade. Mon Dieu que ça fait du bien de crapahuter après toutes ces heures de voiture. J'entendrais presque moi aussi, l'appel des cascades et du croco !
En plus, Ganeshou est à nouveau avec nous ! Le soleil semble pointer son petit bout de nez. Boudie, que ça fait du bien !
Comme les précédentes, tout est très bien fait. Un parking, des tables où se piter un petit bout, un chemin bien aménagé. J'adore certains côtés très pragmatiques des Australiens. Tout est vraiment bien fait pou le visiteur.
Zillie Falls est toute petite mais toute mignonne et nous y sommes seuls au monde. De quoi ravir Marc qui ne la quitte pas des yeux. Je sens qu'il meurt d'envie d'y faire un plouf mais il n'a pas quitté sa polaire aujourd'hui, il ne tentera donc pas la chose.
De toutes les manières, il est grand temps de se rendre à Yungaburra où l'on va passer la nuit. Il est déjà 16h et il nous reste encore quelques kilomètres à faire.
Nous retrouvons notre jolie route sous un soleil retrouvé et le Plateau d'Atherton nous dévoile encore plus de beautés sous cette nouvelle lumière.
Quand nous arrivons à destination, nous trouvons facilement notre Wallaby Lodge Eco Lodge pour backpackers, 'faut dire que la ville se résume encore à une Main Street et puis c'est tout ! C'est le seul endroit pas trop cher que j'ai trouvé dans le coin. 65 dollars la chambre, sans le petit déjeuner, toilettes et salle de bains commune, of course ! Je sais que mon Homme n'aime pas ça mais mettre des cent et des mille dans un lieu pour simplement dormir me semble totalement stupide. Et puis, nous sommes à présent habitués à partager les sanitaires, nous l'avons fait en camping, on peut bien le faire en guesthouse !
La maison est une ancienne maison toute en bois, elle n'est pas très isolée, ouverte aux quatre vents mais l'accueil y est fort sympathique. Il y a une grande salle commune où on peut se faire à manger, le café et le thé sont offert à volonté, une cheminée car ici la nuit, il doit faire à peine 10°C si c'est pas moins, un joli jardin et suffisamment de sanitaires pour ne pas faire la queue le soir ou le matin. Zou ! On prend les clés et on va découvrir notre chambre "Ornithorynque". 'Parait qu'il y en a beaucoup dans le coin ainsi que des wallabies des arbres ! On demande à voir !
Mais quand on ouvre la porte... on éclate de rire ! Ah ces Australiens ! Ils ne manquent pas d'air !
La chambre est si minuscule qu'on se demande bien où qu'on va mettre nos deux grosses mémères ! Il n'y a pas un placard, une vilaine lumière au plafond, pas de rideaux sur la totalité des fenêtres et on passe un doigt sous les vitres qui ne ferment pas ! Comme ici, les températures chutent très vite et très violemment à la nuit, on a intérêt à sortir notre duvet en supplément de la couette qu'il y a quand même et à se la jouer coller-serrer toute la nuit si on ne veut pas mourir de froid ! Et je vous parle pas de l'isolation phonique dans cette maison en bois ouverte tous les courants d'air ! Si les dortoirs qui jouxtent notre chambre sont plein ce soir, on risque d'entendre tous les bruits d'une vivante auberge de jeunesse, à coup sûr ! 65 dollars ! Ils n'ont pas de figure quand même ! Je vous dis pas la tête de mon Homme ! A mourir de rire !
On part faire un tour dans cette mini-ville qui ressemble à une ville du Far Ouest Américain avec son bel hôtel d'époque et on passe au mini-office de tourisme afin de prendre une carte du coin car nous y restons demain.
Deux vieilles dames, so British, nous racontent tout ce qu'il y a à voir par ici. Elles sont trop Lovely et trop gentilles. Pourvu qu'il fasse grand soleil demain qu'on en profite un maximum avant de rentrer sur Cairns ! On espère voir des Vallabies des arbres et peut-être des Platypus ! On croise les doigts !
Et puis on se rentre car la journée s'achève et le soleil se couche vite. La douche est bouillante, on choisit de manger pour 13 dollars dans notre auberge. Ce soir, c'est BBQ purée et salade bio du jardin et on s'en régale. Marc à la bière, moi au Cidre (Je crois qu'il a enfin compris qu'avec le Vin, 'faut plus insister !) on se termine notre trop belle journée au coin du feu...
Il est minuit ici... Depuis 22h, c'est le silence complet à Yungaburra et dans notre auberge... Le lit est trop moelleux... je m'en vais fermer mes petits yeux.